À côté
Commencer le tricot ou le crochet
22 juillet 2026

Le tricot, c’est deux aiguilles qui entrelacent des boucles de laine. Le crochet, c’est un seul outil qui noue le fil en mailles. Deux techniques sœurs, un même point de départ : une pelote et l’envie de faire quelque chose de ses mains. On vous explique tout, comme au café entre voisins.
Le tour de la question
Commencer le tricot ou le crochet, ce n’est pas une décision qui engage votre vie. Vous entrez dans une mercerie, vous achetez une pelote et l’outil qui va avec, et vous testez. Si ça ne vous plaît pas, vous aurez perdu dix euros et une heure. Si ça vous plaît, vous venez de mettre le pied dans un univers qui occupe les doigts et apaise la tête.
Ce qui freine souvent, c’est la peur de mal faire. La réalité, c’est que tout le monde commence par un rectangle bancal. Le premier rang est tordu, le deuxième un peu moins, et au dixième vous avez trouvé votre rythme.
L’autre question qui revient : est-ce que ça coûte cher ? Une paire d’aiguilles et une pelote de laine basique, c’est une dizaine d’euros. Pour ce prix, vous avez de quoi apprendre les gestes pendant plusieurs soirées. Côté budget, on vous a déjà parlé de la méthode pour constituer son épargne de précaution : les petits plaisirs peu coûteux, c’est aussi comme ça qu’on tient ses comptes sans se priver.
Tricot ou crochet, lequel pour soi
C’est la première bifurcation. Tricot ou crochet, les deux ne demandent pas le même geste, pas la même patience, pas le même résultat.
| Critère | Tricot | Crochet |
|---|---|---|
| Outil | Deux aiguilles (droites ou circulaires) | Un seul crochet |
| Geste de base | Maille endroit, maille envers | Maille en l’air, maille serrée, bride |
| Vitesse | Plus lent au démarrage | L’ouvrage monte vite |
| Rendu du tissu | Souple, drapé, élastique | Dense, structuré, tient sa forme |
| Correction d’erreur | Défaire une maille est technique | On tire le fil, c’est réglé |
| Projets types | Pulls, écharpes, chaussettes, plaids | Amigurumis, sacs, couvertures, napperons |
| Apprentissage | Deux à trois soirées pour les bases | Une soirée pour les premières mailles |
Si vous aimez les tissus souples qui tombent bien, le tricot est votre allié. Si vous préférez les objets qui se tiennent, le crochet vous correspond mieux. Beaucoup de personnes pratiquent les deux : on tricote une écharpe le soir, on crochète un dessous-de-verre le dimanche.
Un détail qui compte : le coût de l’outillage. Un crochet coûte entre 2 et 5 euros, une paire d’aiguilles entre 5 et 12 euros. Pour épargner quand on gagne peu, le crochet a un petit avantage au démarrage. Mais sur la durée, c’est la laine qui pèse dans le budget, pas l’outil.
Le premier ouvrage qui se termine
Voici le vrai secret pour ne pas abandonner : choisissez un projet qui se finit vite. Pas une couverture qui demande trois mois, pas un pull taille adulte qui vous découragera au deuxième rang. Un projet que vous tenez dans les mains en moins d’une semaine.
Pour le tricot, visez l’écharpe en point mousse — des mailles endroit sur tous les rangs. Montez vingt mailles, tricotez chaque rang à l’endroit, rabattez quand l’écharpe mesure un mètre vingt. Pas de diminution, pas de point fantaisie, juste le geste qui s’installe dans les doigts.
Pour le crochet, partez sur un dessous-de-plat en mailles serrées. Une chaînette de trente mailles, un rang de mailles serrées, on tourne, on recommence jusqu’à obtenir un carré. C’est rapide, utile, et le résultat ressemble à quelque chose dès le premier soir.
Le point commun : ces projets tolèrent les irrégularités. Un rang plus serré, une maille sautée, ce n’est pas grave. Un ouvrage fini, même bancal, donne plus de confiance que trois projets parfaits abandonnés dans un tiroir.
Pour la laine, un conseil de voisin : grosseur moyenne, couleur claire, fibres synthétiques ou mélangées. La couleur claire vous permet de voir vos mailles. Les fibres synthétiques pardonnent les frottements. Évitez le mohair en peluche qui cache les mailles, évitez le coton trop fin qui glisse des aiguilles. Une laine « worsted » ou « aran », c’est le bon compromis.
Reprendre après avoir tout défait
Vous avez passé une heure à tricoter, vous remarquez une erreur, vous défaites tout. C’est arrivé à tout le monde. C’est même un rite de passage.
Défaire, ce n’est pas échouer. C’est apprendre à lire son tricot. Quand vous défaites, vous voyez comment la maille se forme, comment le fil circule. La première fois que vous saurez récupérer une maille perdue sans tout démonter, vous aurez franchi un cap.
Pour limiter les dégâts, adoptez le marqueur de fin de rang : un bout de fil contrasté glissé au début de chaque rang impair. Vous repérez une erreur avant qu’elle ne se propage sur dix rangs. Et gardez votre premier échantillon raté dans un tiroir : ressortez-le dans six mois, vous mesurerez le chemin parcouru.
Le bon tuyau en plus
Voici le tuyau que les merceries ne donnent pas toujours : commencez par un cours ou un atelier, même d’une heure. Une voisine qui tricote, un café-tricot du quartier, une vidéo bien faite — l’essentiel, c’est d’avoir quelqu’un qui corrige votre geste en direct. Un poignet trop raide, un fil mal tendu : en une minute, une personne expérimentée repère ce que vous mettriez des heures à comprendre seul.
Si vous n’avez personne sous la main, les vidéos en ligne font très bien l’affaire. Choisissez celles qui filment les mains en gros plan, sans musique, avec une voix calme. Posez votre téléphone à côté, mettez sur pause, reproduisez, revenez en arrière.
Ultime conseil : offrez votre premier ouvrage réussi. Une écharpe à votre mère, un dessous-de-plat à un ami. Le regard de quelqu’un qui reçoit un objet fait main, c’est un carburant qui vaut tous les tutoriels. C’est un peu comme préparer une microaventure le week-end : l’anticipation et le partage font partie du plaisir.
Les questions qu’on nous pose souvent
Qu’est-ce qui est le plus facile pour débuter, le tricot ou le crochet ?
Le crochet a une courbe d’apprentissage plus douce les premiers jours. Avec un seul outil et trois gestes de base, vous produisez un échantillon présentable en une soirée. Le tricot demande de coordonner deux aiguilles, ce qui prend un peu plus de temps. Passé la première semaine, les deux techniques se valent. Si vous hésitez, testez les deux avec une pelote premier prix : vous saurez en une heure laquelle vous correspond.
Quelle laine choisir pour ne pas se décourager ?
Une laine de grosseur moyenne, couleur claire, en acrylique ou en mélange laine-acrylique. La couleur claire laisse voir chaque maille, le fil moyen évite les emmêlements, et l’acrylique pardonne les frottements. Évitez les laines fantaisie à poils longs qui cachent le travail, et le coton trop glissant. Une pelote de marque distributeur à 3 ou 4 euros fait parfaitement l’affaire pour apprendre.
Combien de temps faut-il pour tricoter une écharpe ?
Pour une écharpe en point mousse d’un mètre vingt, comptez entre huit et douze heures au total, réparties sur une semaine ou deux. Les premiers rangs sont lents — vous cherchez vos gestes — puis la vitesse double naturellement. Si vous tricotez une heure chaque soir, vous aurez une écharpe terminée en dix jours environ.
Peut-on apprendre le tricot ou le crochet uniquement avec des vidéos ?
Oui, et c’est même comme ça que la plupart des gens apprennent aujourd’hui. Le secret, c’est de choisir des vidéos filmées en gros plan sur les mains, sans montage trop rapide. Posez votre ouvrage à côté de l’écran, reproduisez le geste en pause, et ne cherchez pas à suivre en temps réel. Une vidéo de dix minutes peut vous occuper une heure, et c’est très bien comme ça.
Les mains qui travaillent, le mental qui se pose, un objet qui prend forme rang après rang : commencer le tricot ou le crochet, c’est s’offrir un espace à soi dans le rythme du quotidien. Vous n’avez besoin ni de talent particulier ni de matériel coûteux. Juste d’une pelote, d’un outil, et de la curiosité de voir ce que vos doigts savent faire quand vous leur laissez le temps. La première maille vous attend.


