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Boulot

Augmentation plafond micro entreprise

1 novembre 2026


Augmentation plafond micro entreprise

Augmentation plafond micro entreprise : la question revient chaque fois qu’un chiffre d’affaires approche de la limite. En 2026, les seuils du régime sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services, selon l’Urssaf. Ce sont des plafonds de chiffre d’affaires, pas de bénéfice. Et surtout, les dépasser ne fait pas basculer du jour au lendemain : le régime regarde deux années civiles consécutives avant de trancher. Comprendre cette mécanique évite de paniquer au mauvais moment, et de restructurer une activité qui n’avait pas besoin de l’être.

Le tour de la question

Trois plafonds différents circulent dans les conversations, et ils n’ont pas la même fonction. Les mélanger est la source d’erreur la plus fréquente.

PlafondMontant 2026À quoi il sertCe qui se passe au dépassement
Vente de marchandises203 100 €Rester en micro entrepriseSortie du régime si dépassé deux années de suite
Prestations de services83 600 €Rester en micro entrepriseSortie du régime si dépassé deux années de suite
Franchise en base de TVA, ventes85 000 €, majoré à 93 500 €Ne pas facturer la TVAAssujettissement à la TVA
Franchise en base de TVA, services37 500 €, majoré à 41 250 €Ne pas facturer la TVAAssujettissement à la TVA

La nuance qui compte : le plafond de TVA est bien plus bas que le plafond du régime. Une activité de services peut donc rester en micro entreprise tout en devenant redevable de la TVA, parce qu’elle a franchi 37 500 € de recettes, puis 41 250 €. Deux seuils, deux conséquences, et un seul formulaire de déclaration : c’est là que les questions arrivent.

Autre distinction : le plafond se mesure sur le chiffre d’affaires encaissé, pas sur ce que vous gardez. Un artisan qui facture 90 000 € de travaux avec 30 000 € de matériaux est au-dessus du seuil de services.

Ce qui coince concrètement à la maison

Le cas typique : vous êtes en micro entreprise depuis quatre ans, votre comptable vous annonce que vous allez « sauter le plafond », et vous êtes à 84 000 € en services. Rien n’est dépassé, mais la ligne est proche.

La première erreur consiste à croire que le dépassement est immédiat. Il ne l’est pas. Le régime apprécie le franchissement sur deux années civiles consécutives. Une année au-dessus suivie d’une année en dessous ne vous fait pas sortir. En revanche, deux années de suite au-dessus, oui. Et dans ce cas, la sortie prend effet au 1er janvier de l’année qui suit la seconde année de dépassement.

Le deuxième point est financier. Le taux de cotisations sociales d’une micro entreprise va de 12,3 % pour la vente de marchandises à 25,6 % pour les activités libérales relevant du régime général. Passer en société ne fait pas disparaître ce coût, il le déplace.

Troisième point, celui que personne n’anticipe : la TVA. Franchir 37 500 € de prestations en 2026 ne se traduit pas par une facture plus lourde pour vous, mais par un prix plus élevé pour vos clients particuliers, qui ne récupèrent pas la TVA. Sur un marché où le client compare des devis TTC, cela change la donne commerciale, pas seulement la comptabilité.

Enfin, la création elle-même est gratuite : la formalité passe par le guichet unique de l’INPI pour les activités commerciales, artisanales et libérales, seuls les agents commerciaux payant leur immatriculation. Il n’y a donc aucune raison de payer un intermédiaire pour « ouvrir » une structure quand on veut tester une activité.

La méthode, étape par étape

L’ordre de vérification compte plus que le calcul lui-même.

Étape 1, trois mois avant la clôture. Sortez le chiffre d’affaires encaissé de l’année en cours et de l’année précédente. Deux colonnes, un total. C’est la seule base sérieuse pour savoir où vous en êtes, et elle évite de découvrir le problème en janvier.

Étape 2, séparez les activités. Si vous vendez des marchandises et facturez des services, les deux plafonds s’appliquent séparément, avec des règles de cumul. Un même chiffre d’affaires global peut être confortable côté ventes et déjà limite côté services.

Étape 3, regardez la TVA à part. Comparez vos recettes aux 85 000 € (ventes) et 37 500 € (services), en gardant en tête les seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €. Le franchissement de la franchise a son propre calendrier, indépendant du régime micro.

Étape 4, simulez les deux scénarios. Rester en micro avec 25,6 % de cotisations sur la part libérale, ou passer en société avec un comptable et des formalités. La comparaison se fait sur le revenu net réel.

Étape 5, décidez avant l’échéance. Une sortie subie laisse moins de marge qu’une sortie choisie. Si la trajectoire indique deux années au-dessus, préparez la structure pendant l’année intermédiaire.

Pour la mécanique de création, les étapes sont détaillées dans créer une micro entreprise, étape par étape. Et si vous vous demandez comment facturer proprement pendant cette période de transition, facturer quand on est auto entrepreneur répond aux mentions obligatoires.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi on le fait quand même

Attendre le courrier officiel pour réagir. Il arrive, mais souvent après la décision. On attend parce que c’est rassurant, et parce que personne n’a envie d’ouvrir un dossier de société un mois de décembre.

S’inscrire en société en pensant que l’impôt sur les sociétés est ouvert à tout le monde. Les micro-entrepreneurs ne peuvent pas opter pour l’IS : la page Service Public sur l’IS ne les concerne pas. L’option suppose un autre régime, donc une autre structure.

Ouvrir un compte bancaire professionnel dès le premier euro. Une micro entreprise n’ouvre un compte dédié qu’à partir de 10 000 € de chiffre d’affaires sur deux années civiles consécutives (loi PACTE). Avant, un compte séparé reste une habitude, pas une obligation.

Le bon tuyau en plus

Le tuyau qu’on se refile entre voisins : un tableau à deux colonnes, « ventes » et « services », une ligne par mois, un total glissant sur douze mois. Il vous évitera de reconstituer trois ans de relevés un dimanche soir de janvier.

Ajoutez-y deux repères visuels, à 37 500 € et à 83 600 €, avec la date à laquelle vous les avez franchis. Le jour où un expert-comptable ou un conseiller vous posera la question, vous aurez la réponse en une capture d’écran. Et si l’activité s’arrête ou change de forme, comment arrêter une micro entreprise donne la procédure, qui n’est pas la même selon la date de cessation.

FAQ

Le plafond de la micro entreprise a-t-il augmenté en 2026 ?

Les seuils en vigueur sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services, selon l’Urssaf. Ce sont les montants à retenir pour apprécier un dépassement sur l’année en cours et l’année précédente. Vérifiez toujours le montant publié pour l’année concernée avant de conclure.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond une seule année ?

Rien d’immédiat. Le franchissement est apprécié sur deux années civiles consécutives. Une seule année au-dessus du seuil ne vous fait pas sortir du régime micro. En revanche, la TVA a ses propres seuils, plus bas, et son propre calendrier.

Dois-je facturer la TVA dès que je dépasse 37 500 € de services ?

Le seuil de franchise en base pour les services est de 37 500 € en 2026, avec un seuil majoré à 41 250 €. Le franchissement de ces montants déclenche l’assujettissement selon des modalités de calendrier propres. Le mieux est de vérifier votre situation sur le site officiel avant d’émettre la facture suivante.

Passer en société fait-il vraiment baisser les cotisations ?

Pas mécaniquement. Le taux de cotisations du régime micro va de 12,3 % à 25,6 % selon l’activité, mais une société ajoute un comptable et des formalités. La comparaison se fait sur le revenu net, jamais sur le taux affiché.

Vous savez maintenant lire un plafond de micro entreprise sans confondre les trois seuils, et sans confondre dépassement ponctuel avec sortie du régime. Le prochain pas tient en une heure : sortez vos deux derniers chiffres d’affaires, séparez ventes et services, et regardez de quel côté de la ligne vous vous situez. Le calendrier de la TVA se vérifie ensuite sur les pages officielles de l’Urssaf.

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